N
o More Heroes 2 est problématique. Quelle est sa raison d'être ? A quel public s'adresse-t-il ? Conceptuellement et scénaristiquement, il est la
suite inutile d'un jeu exceptionnel qui se suffit à lui-même. Multipliant les niveaux de lectures et les mises en abyme, déclaration de haine et d'amour aux joueurs et au jeu vidéo dans son ensemble, le
premier NMH est un pur produit de
Suda 51 (
Killer7,
Flower Sun and Rain) : une œuvre délirante, déstabilisante, bourrée de contraintes et de frustrations intelligentes, gorgée d'idées ingénieuses.
Cette suite, fortement ancrée dans les bases de son ainé, semble n'avoir retenu que l'option « déjantée ». Comme si Suda (ici « seulement » réalisateur exécutif) s'enlisait dans une
auto-caricature déplacée. Certes, le jeu est souvent très drôle, et habité par
un sens de l'absurde qui fait plaisir : en dépit du ton plus sérieux, rien n'a de sens dans cette histoire de vengeance.
Mais ceux qui ont vu dans le premier bien plus qu'un jeu fun seront déçus. Les néophytes, eux, seront largués face à une avalanche d'autoréférences et de private jokes, et mis à l'écart par un tutorial mal pensé. Reste alors ceux qui ont apprécié le premier pour ce qu'il est avant tout : un beat'em all un peu bancal, pas toujours bien rythmé, mais vraiment amusant, violent, défoulant et riche en scènes et dialogues cultes.
Cette suite mieux fignolée leur conviendra parfaitement.
Graphismes améliorés, système de combat plus complet, mini-jobs rigolos façon jeux 8 bits, plus de boss, du fan-service, des dialogues toujours aussi géniaux, les phases chiantes du premier supprimées... No More Heroes 2 est un jeu incontestablement supérieur à son aîné, mais il en est à des années lumières en tant qu'œuvre. Et ça, c'est une putain de déception.
Damien, Gameweb.fr