C
olère. Sam Fisher est un homme en colère. Le meurtre de sa fille, sa rupture d'avec Echelon 3, le passé qui frappe à la porte.
Exit donc la subtilité et la "non-violence" de la technique de Sam, ce dernier met à profit ses terribles capacités offensives
non plus pour infiltrer mais pour tuer. Le fantôme devient fléau. Mais si la fin diffère, les moyens restent les mêmes, et s'il est déroutant puis jouissif de découvrir un Sam agile, rapide et capable d'exécutions arbitraires multiples, les outils sont classiques. L'obscurité devient un repaire, symbolisé par le passage (excellent) de l'image au noir et blanc, d'où le prédateur attend sa proie, la traque, l'attire et la tue. La neutralisation des sources lumineuses ainsi que la gestion de la mémoire ennemie (l'apparition d'un, "
ghost" symbolise votre dernière position connue de vos adversaires) sont les éléments clés d'un jeu qui tranche tellement avec ses géniteurs qu'il semble s'agir d'une nouvelle licence. Les déplacements de Sam, considérablement plus lestes, s'opèrent un peu à la manière d'un
Gears of War, d'abri en abri, jusqu'à être suffisamment proche de l'adversaire.
Dès lors il est possible de l'abattre au corps à corps ou de faire parler prudemment la poudre. La première option permettant d'obtenir une
exécution instantanée de plusieurs ennemis, le nombre restant fonction des capacités (upgradables) de l'arme utilisée.
Colère de Sam face à une organisation qui s'est servie de la mort de sa chair pour poursuivre un but encore plus funeste.
La trame scénaristique, plus dramatique et introspective que par le passé, est finalement subtilement mise en avant au fil du jeu.
Colère cependant des fans historiques de la saga qui se retrouvent dépossédés des mécanismes historiques ainsi que de leurs habitudes et réflexes.
Splinter Cell: Conviction est finalement une réussite, dont l'originalité vis-à-vis de ses aïeux, ainsi que la perpétuation de leurs meilleures "traditions" place le joueur dans une situation à la fois inédite et connue, excitante en diable.
Sombre, tendu et addictif, le jeu dispose d'un sex-appeal certain. Ses quelques faiblesses techniques ainsi que sa durée de vie super limite sont compensées par le plaisir éprouvé d'une part et surtout par l'excellent multijoueur d'autre part. Laissez la colère vous gagner.
Pete, Gameweb.fr