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ragon Quest IX est probablement le jeu
le plus paradoxal de ces dernières années : incarnation parfaite de la vieillerie poussiéreuse, c'est aussi un RPG moderne qui prend beaucoup de risques ; notamment celui d'aliéner une partie de son public qui le jugera sans doute trop simple, trop différent des anciens, et ne verra en son mode multi qu'une opération « mercantile ».
D'un côté, donc,
du figé : une interface archaïque, les bons vieux bruitages d'époque, un système de combat qui n'a jamais réellement évolué (les mêmes armes, les mêmes magies) et l'application scrupuleuse du cahier des charges qui a fait de Dragon Quest le phénomène nippon que l'on connait. Une vraie aventure, avec une histoire bidon (mais mieux que d'habitude) qui s'appuie sur des « tranches de vie » ; celles-ci, bien que classiques, donnent corps à une gamme de personnages aussi attachants que touchants et à des
situations toujours aussi... magiques.
Et que ça fait du bien.
D'autant que cela permet de rassurer sur le niveau d'excellence de la série : Dragon Quest dispose véritablement d'
une âme. En dépit de son écriture « naïve », le jeu est capable de réellement toucher et de susciter un grand nombre d'émotions (la joie, la peur, la tristesse, l'empathie, la colère, etc.). Horii est un grand, et il le prouve une fois de plus. Les plus regardants regretteront une écriture un peu moins « osée », moins de sous-entendus, moins d'humour aussi ; sans doute la faute au support, qui ne permet pas trop de dialogues à double-sens.
Néanmoins, et même s'il manque certains fondamentaux (le casino !), Dragon Quest IX est bien
un appel à l'aventure, maîtrisé à la perfection ; plutôt bien écrit, agréable à jouer et suffisamment rythmé pour embarquer n'importe quel joueur. Car c'était bel et bien le pari !
Et c'est là que le bât va sans doute blesser pour le gamer et/ou le fan de la série :
le jeu est très (trop ?) simple. Il ne propose quasiment aucun challenge. Pour autant, non, DraQue IX ne fait pas que se reposer sur de solides acquis. Il prend aussi pas mal de risques, en introduisant de nouveaux systèmes, totalement inhabituels et, a priori, en inadéquation totale avec la série :
la création des personnages, l'absence de comparses liés à l'histoire, et évidemment
la possibilité de jouer à plusieurs – qui, encore une fois, s'avère être un paradoxe total. Un mode riche en bonnes idées, disposant d'une interface bien pensée et procurant une bonne dose de fun, mais uniquement
EN LOCAL.
Une évolution potentiellement majeure pour la série, mais qui perd immédiatement de sa puissance puisqu'elle requiert que les quatre joueurs se trouvent dans la même pièce.
Toutefois, malgré ces quelques ratés,
Dragon Quest IX est bien une réussite absolue et sans aucun doute le meilleur jeu de l'été sur DS. A ne louper sous aucun prétexte ; seul ou à plusieurs.
Jay, Gameweb.fr