A
près cinq années d'un développement chaotique, pouvions-nous rêver d'un jeu plus abouti ? Sans être le renouveau du survival-horror, ni même une œuvre d'art inoubliable, Alan Wake s'impose quand même comme l'un des jeux les plus
immersifs et palpitants de l'année.
Ce «
thriller psychologique », comme le définissent ses auteurs, présente en effet toutes les qualités atmosphériques et scénaristiques que l'on était en droit d'attendre. Bâtie sur un postulat Stephen King-ien (référence assumée dès l'introduction), l'intrigue joyeusement alambiquée gravite autour de manifestations surnaturelles et cauchemardesques au sein d'une bourgade fictive, située au cœur des Etats-Unis : Bright Falls. L'occasion rêvée de plonger le joueur dans ses méandres forestiers, gagnés par les ténèbres. A l'esthétique glaçante et foisonnante, sublimée par des effets d'environnement réellement palpables (brume et vent notamment), répond une architecture sonore impeccable.
Une ambiance enveloppante et angoissante qui représente l'âme du jeu, dont le seul bémol est une partition musicale oubliable. Mais l'immersion ne serait pas complète sans un récit à la hauteur.
En cela, la linéarité de l'aventure ouvre la voie à une
narration dynamique et plurielle : voix-off, pages de manuscrit, messages muraux, dialogues in-game... Qu'importe alors si les mécaniques de jeu - des gunfights pimentés par une gestion fluide de la lampe torche et de l'arme à feu - paraissent assez limitées, l'essentiel est là : Alan Wake est un divertissement maîtrisé, intelligemment conçu et très prenant.
Damien, Gameweb.fr