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E3 > Conférence Ubisoft - Toujours plus loin dans l'humour
Focus E3 > Conférence Ubisoft - Toujours plus loin dans l'humour
16/06/2010 à 12:06 - Divers
Nouvel épisode de cette saga comique qu'est l'E3 2010.

Après une conférence Microsoft médiocre, demi-insulte au jeu vidéo, et celle d'Electronic Arts, tout aussi plate, on pouvait au moins se rassurer d'une chose : on ne pourra pas faire pire. Ubisoft a bien failli réfuter cette affirmation, mais arrive à sauver la baraque grâce à deux ou trois titres intéressants. En tout cas, une fois de plus, on n'est pas passé loin de la catastrophe.

 

 

Child of Eden

Surprise, la conférence Ubisoft démarre avec un japonais ! Plus précisément le génial Tetsuya Mizuguchi (Space Channel 5, Rez), de dos, sans manette, laissant présager un jeu Kinect. Il vient en effet présenter son dernier projet sur le nouveau joujou de Microsoft : Child of Eden.

 

Le jeu ressemble fortement à Rez, tant dans le concept que dans son esthétique : un shoot sur rails dans un univers psychédélico-cybernétique. La musique, électro-transe (on s'en serait douté) y joue évidemment un rôle important, et semble évoluer en fonction des locks et des tirs, tout comme dans Rez.

Graphiquement le titre est agréable, mais souffre étrangement d'un manque d'identité visuelle, malgré un parti pris graphique intéressant. L'effet post-Rez très certainement. Il mise avant tout sur sa compatibilité avec Kinect (il sera aussi jouable à la manette) qui permet au joueur de viser et tirer rien qu'en déplaçant sa main devant son écran. Ce dernier est d'ailleurs très chargé, en raison du grand nombre de cibles, ça pète dans tous les sens, et on imagine déjà l'impression de puissance procuré par l'accessoire de Microsoft.

 

 

On attend de voir... en espérant plus qu'un simple clone de Rez.

 

 

 

"Games you can feel"...

Arrive le comédien Joel McHale, déjà présentateur d'Ubisoft lors de l'E3 2009, et ses blagues à deux francs six sous. A Ubi on a beau être pétés de thunes, on sait aussi rigoler ! Le bonhomme nous présente le nouveau credo de la firme : « Games you can feel », des jeux dépassant leur statut d'oeuvre vidéoludique qui impliquent le joueur physiquement et émotionellement, et qui blablabla...

 

 

Assassin's Creed: Brotherhood

On continue sans surprise avec Assassin's Creed Brotherhood, suite directe du deuxième épisode. On y retrouve donc Ezio, devenu chef des assassins, en guerre contre les templiers. L'action se déroule à Rome, entraperçue dans Assassin's Creed 2, et mettra cette fois-ci en scène plusieurs personnages de la guilde. L'accent est donc mis sur l'aspect multijoueur, qui espérons-le, renouvellera l'intéret de la saga.

 

La présentation démarre avec une jolie cinématique d'intro, dans la même veine que les deux premiers opus (un assassinat en pleine foule), à l'exception qu'Ezio est ici rejoint par ses compagnons pour abattre sa cible. La cinématique est suivie par une vraie séquence de jeu, visiblement tirée du tout début de l'aventure. La villa Auditore est assaillie par les catapultes des templiers, et Ezio doit s'échapper de la ville, détruite en temps réel. Même si tout est scripté, il faut avouer que la phase présentée était assez impressionnante. Après une fuite à cheval, Ezio grimpe sur les remparts, décime des soldats à tour de bras, s'empare de leurs armes, et prend possession d'un canon pour détruire les tourelles à l'horizon. Bref, pour un Assassin's Creed, c'est bien bourrin, voire « trop » bourrin.

 

Mais ne crions pas au scandale tout de suite, car nous n'avons encore rien vu du vrai jeu (à Rome donc). Il est donc encore trop tôt pour affirmer, ou non, une nouvelle orientation de la saga. Réponse définitive le 18 novembre en France.

 

 

 

Shaun White Skateboarding

On enchaine avec Shaun White Skateboarding, et arrive un nain chevelu aux pattes de poulet -ah non c'est Shaun- pour présenter le jeu. Afin de se démarquer de Skate et Tony Hawk, les deux leaders du genre, Shaun White propose un concept particulier, inspiré d'Okami : l'environnement évolue au fur et à mesure qu'on skate dans la ville. Les couleurs reviennent, des arbres poussent, les bâtiments se transforment, etc. En vert translucide apparaissent des éléments (curb, half-pipe, barre de slide, etc) visibles uniquement du joueur, qu'il pourra matérialiser en effectuant une figure dessus. La démo nous a par exemple montré Shaun grindant dans le vide, créant derrière lui une barre de grind à travers la ville.

 

 

Un concept original qui pourrait relancer l'intérêt du genre, de manière presque poétique.

 

 

Battle Tag

La salle de conférence se voit alors assaillie par 6 énergumènes se tirant dessus entre les sièges des invités, avec des gros pistolets en plastique. Qu'est ce que c'est que ce bordel encore ? Le game designer Gaël Seydoux entre sur scène pour s'expliquer. Il s'agit d'un jeu similaire aux Laser Tag et autres Laser Quest, adapté à votre salon. On ne joue pas devant l'écran, mais dans toute la maison, la console ne faisant office que de Game Master, comptant les points et donnant les instructions. Le jeu est vendu avec des balises, afin de varier les modes de jeu, à disposer dans la maison pour faire office de checkpoints.

 

 

Dans l'excercice montré les deux joueurs devaient courir d'une balise à une autre, la mettre en contact avec le pistolet pour qu'il la reconnaisse, et tirer sur l'écran pour valider leur position. Palpitant. Le bouzin sera vendu en pack, contenant 2 pistolets, 2 holsters (avec capteurs), et 4 balises, à un prix qu'on n'ose même pas imaginer. A noter qu'un maximum de 2 équipes de 4 joueurs pourront s'affronter.Un concept rigolo, pour peu qu'on dispose d'un salon de la taille d'une salle de conférence.

 

Après les lofts des pubs Wii et Kinect, voilà encore une belle preuve du sens des réalités des développeurs. Et pour info, Sega a sorti son Lock-On en 1992, il n'y avait pas besoin de console, et ça marchait très bien.

 

 

Innergy

L'annonce suivante est tout aussi affligeante, si ce n'est plus. Vous vous rappelez du Vitality Sensor de la Wii présenté à l'E3 dernier ? C'était visiblement une blague de Nintendo, un appât pour voir si les concurrents seraient assez stupides pour les copier une fois de plus. Et Ubisoft, dans sa grande naiveté, n'a pas manqué de mordre à l'appât. Voilà donc Innergy, le premier coach de respiration ! C'est vrai que respirer tout seul, c'est pas toujours facile. Disponible sur PC et Mac, il aurait pour but de relaxer l'utilisateur, et de le ressourcer. Rien que ça.

 

Pour ce faire, un petit appareil à fixer autour du doigt, qui capte la respiration. Le seul exercice présenté demandait au « joueur » d'expirer et d'inspirer en rythme, afin de faire suivre une ligne ondulée à un petit personnage... Visuellement, le titre se place entre Electroplankton, Loco Roco, et un épisode d'Il était une fois la vie.

 

 

A noter que l'appareil pourra être branché sur n'importe quel PC, afin de même pouvoir « pratiquer » au travail. Des séances répétées sur une longue durée devraient ainsi améliorer notre santé, et nous faire nous sentir plus jeunes. Si c'est pas beau la technologie, franchement.

 

 

La gamme Kinect

Et tant qu'on est dans l'accessoire, autant continuer avec Kinect ! Survient un petit speech sur la mort du pad, et l'utilisation du corps en tant qu'instrument de jeu, blablabla. Un concept révolutionnaire selon Ubi, qui semble avoir oublié que les enfants se battent depuis la nuit des temps avec des épées en bois et des kaméhaméha invisibles (bon ça, c'est plus récent). Ubisoft dénigre ainsi le concept même de l'imagination. Il faut le faire quand même. Tout ça pour nous présenter Motion Sports, concurrent direct de Wii Sports et Kinect Sports, dont vous imaginez déjà le principe. Au programme, de l'équitation, de la boxe, du foot, du foot US, et même du ski de fond. Si vous avez toujours eu envie de voir à quoi ressemblaient vos amis en train de déféquer dans des toilettes turques, cette dernière discipline est pour vous !

 

 

Puis arrive Your Shape, avec une présentation identique à celle de la conférence Microsoft. Toujours est-il que la démonstration est impressionnante, et reproduit le corps du modèle à la perfection, jusque dans les vêtements. Reste à voir s'il pourra détrôner le sacro-saint Wii Fit, régnant sur le genre. Vues les ventes de ce dernier, on y croit qu'à moitié.

 

 

Les Lapins Crétins : Travel in Time

Ubisoft oblige, c'est au tour des Lapins Crétins de s'illustrer à travers le trailer de leur nouvel épisode « Travel in Time ». Aucune phase de gameplay cependant, ni même de petite info concernant le titre. Jeu d'aventure ? Compilation de mini-jeux ? Mystère.

C'était vraiment histoire de marquer le coup.

 

 

 

Ghost Recon : Future Soldier

On retourne sur du classique avec Ghost Recon : Future Soldier, parce qu'une conférence d'E3 sans FPS ça fait vraiment pas sérieux. Cet épisode d'anticipation base tout son gameplay sur les technologies futures, dont certaines actuellement en développement par l'armée. Un aperçu de la guerre de demain en somme. Le jeu, très axé sur l'infiltration, s'expose via trois petites séquences de gameplay mettant en scène différents équipements, dont le camouflage optique.

 

On note également un aspect coopération très prononcé (avec l'IA), le joueur devant être en constante synchronisation avec ses équipiers virtuels (conseils, directives, décompte avant de tirer, etc) afin de mener au mieux ses opérations. Une coopération qui ne s'arrête pas au solo, puisque le jeu pourra accueillir jusqu'à 4 participants en multi. Notons pour finir une atmosphère très réussie, des décors destructibles, et un système de cover à la Gears of War. A voir donc.

 

 

 

Driver : San Francisco

Du sport, des flingues...qu'est ce qu'il manque encore à la recette d'une conférence réussie ? Ah oui, des bagnoles. Le trailer du jeu suivant laisse donc entrevoir des courses-poursuites à la Starsky et Hutch, pour finalement révéler un nouvel épisode de Driver.

 

 

Cet opus, intitulé Driver San Francisco s'impose visiblement comme un retour aux sources de la série, et se base sur l'opposition de deux personnages, le héros Tanner et son ennemi juré Jericho. Le terrain de jeu proposé a vraiment l'air gigantesque, et la ville reproduite avec fidélité. Première pour la série : le jeu se paie désormais le luxe de vraies marques de voiture.

Champagne chez Ubi. Mais c'est surtout avec son système de Shift que ce nouvel opus va se démarquer : à n'importe quel moment le joueur peut freezer le temps, et se téléporter dans n'importe quel véhicule dans les environs. Rigolo et original, à défaut d'être réaliste. Reste à voir si cette fonctionnalité ne va pas trop trahir l'esprit de la série, ce qui est bien probable.

 

 

 

Les vrais jeux

Bon, c'est fini pour les blockbusters, on peut désormais passer aux jeux intéressants. Arrive alors Yves Guillemot (PDG d'Ubi) qui avec son bel accent anglais nous annonce trois petits projets. Petits en apparence, mais qui sauvent à eux-seuls la conférence de la noyade.

 

 

Project Dust

Le premier s'intitule Project Dust, est n'est autre que le dernier projet d'Eric Chahi ! Pour les trois au fond qui ne suivent pas, il s'agit du génial créateur d'Another World et Heart of Darkness, quasiment inactif depuis 10 ans.

 

 

Project Dust s'apparente à un Populous, autrement dit un God-Game (ou jeu de gestion) tourné autour de la terraformation. Chargé de faire prospérer un peuple tribal, le joueur devra pour ce faire agir sur les éléments, l'eau, le sol et la végétation. Avec à sa disposition tout un tas de catastrophes naturelles bien pratiques, il pourra modifier son monde à loisir, en allant jusqu'à manipuler la topographie. La direction artistique semble d'une grande qualité, et les graphismes, incroyables. Le somptueux trailer contient d'ailleurs uniquement de vraies phases de jeu en temps réel, et annonce un titre d'une qualité visuelle époustouflante.

 

 

Le jeu est prévu sur PC, PSN et Xbox Live pour mi-2011. Autant vous dire qu'on a hâte.

 

 

Rayman Origins

Guillemot continue sa présentation : Michel Ancel (le papa de Rayman) a récemment mis en place de nouveaux outils de développement, destinés aux créateurs en herbe. Le résultat : Rayman Origins, réalisé par seulement 5 personnes, dont Mr Ancel himself. Ce nouvel épisode en 2D, destiné au PSN et Xbox Live, revient aux sources de la série : de la plateforme 2D pure et dure, sans Lapins Crétins. Hourra !

 

Le titre « Origins » révèle, avec subtilité, qu'il s'agit des premières aventures du petit héros sans bras, juste après sa création. La coopération semble de mise puisque Rayman sera rejoint par son copain Globox, présent tout le long du trailer. Graphiquement, on s'éloigne du premier opus pour un rendu toujours aussi cartoon, mais dans un style très différent, plus « crayonné ». Les décors sont superbes et l'animation y est d'ailleurs remarquable, notamment chez les boss.

 

 

De plus, l'outil se création mentionné plus haut permettra visiblement aux joueurs de créer leurs propres niveaux, via un éditeur très performant. Ça promet.

 

Sans conteste la plus grosse surprise de la conférence.

 

 

 

Mania Planet

La dernière annonce concerne Mania Planet, un réseau créatif comprenant les trois jeux suivants : Track Mania 2 , Shoot Mania, et Quest Mania. Shoot Mania reprend le principe bien connu de Track Mania, à savoir créer ses propres niveaux et les proposer en ligne, en s'attaquant cette fois-ci au FPS. Étant donné le public d'aujourd'hui et la notoriété de Track Mania, c'est le succès assuré. Quest Mania quant à lui proposera de créer son propre RPG (hack'n slash très certainement) et devra lui aussi trouver son public. Ces trois jeux tourneront donc autour d'une seule et même communauté, et les niveaux pourront être échangés à loisir.

 

 

Et...c'est tout ?

Michael Jackson

La conférence se termine sur quelques danseurs se déhanchant sur Beat It de Michael Jackson, et la révélation d'un jeu de danse basé sur The King of the Pop, sobrement intitulé ...Michael Jackson. Au-delà de l'extraordinaire aura du personnage et le génie de sa musique, reste à voir ce que le jeu, lui, apportera mais il y a fort à parier que Ubi a eu raison d'exploiter le décès le plus populaire de l'an dernier pour avoir une part du gateau...

 

 

Une conférence Ubisoft réellement intéressante car elle révèle ce qu'il y a de plus fondamental dans le jeu vidéo : ce sont les créateurs qui font les grands jeux et pas des concepts marketings à la mort moi le noeud, entendant par "originalité" à surfer sur des vagues hypes et génératrices de pognon. On dit donc merci aux trois génies qui ont sauvé la conférence (et l'honneur français) : Eric Chahi en priorité, Michel Ancel et bien entendu Tetsuya Mizuguchi qui va encore trouver le moyen d'innover dans le jeu vidéo avec ses délires musicaux orgasmiques.

 

Une bonne leçon à Ubi, en somme, qui, à force de s'américaniser (un climax atteint l'an dernier) était à deux doigts de perdre son âme. Heureusement, Guillemot veille au grain et dispose d'atouts quatre étoiles. Mais on est pas passé loin de la catastrophe. J'aimerais conclure cet article en affirmant que I am Alive est toujours porté disparu (on le verra peut être sur le stand).

 

 

Par chance, quelque part en Orient, se cache un pays de passionnés bien décidés à renaître de leurs cendres, encore plus forts, plus flamboyants qu'auparavant. Rendez-vous dans le prochain focus pour découvrir comment, comme le dit le boss, "Nintendo a violé l'E3 2010".

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