Blague à part, Gameweb n'a ni les moyens, ni le personnel pour se permettre d'envoyer une équipe complète à L.A. pour jouer les touristes et écrire des papiers vite fait sur un coin de table.
En fait, nous manquons de conscience professionnelle. L'actualité n'a jamais été notre spécialité et nous ne sommes pas prêts de nous mettre à la vidéo pour présenter des reportages montés à la truelle, avec des mises en scène MTV et des champions métrosexuels pour chefs d'orchestre. Twitter est un mystère encore non-élucidé, et on emmerde les « tablettes », d'autant que nous pensons tous à la rédaction qu'un téléphone est fait pour téléphoner. En fait, on est un peu « la presse d'en bas », des has been qui avons du mal à suivre l'exceptionnel avènement de la technologie.
Imaginez le drame : nous utilisons toujours des stylos !
Ensuite, pour une raison plus biologique, avant de déposer une pêche, notre « transit journalistique » nous impose de digérer la quantité d'informations, de réfléchir un minimum ; au calme et avec recul. Et puis, en étant plus pragmatique, l'expérience nous a appris que la plupart des jeux « dévoilés » cette année seront aussi présents l'année prochaine, si toutefois ils survivent jusque-là (mention à Ubi qui, tous les ans, nous sort à l'E3 le coup des méga exclus qui n'existeront finalement jamais) ; enfin, nous savons que, bon gamer que vous êtes, vous vous êtes tapés la lecture de quarante milliards de news en ne retenant aucune information.
Alors, qu'avons-nous à offrir de plus ? Des résumés déjà, et accessoirement une
« relecture » de l'E3, plus en adéquation avec notre statut d'humble pêcheur.
Liste des différents articles publiés sur Gameweb.fr
E3 2010 - Conférence Microsoft - La blague numéro 1
E3 2010 - Conférence EA - Top 10
E3 2010 - Conférence Ubisoft - Toujours plus loin dans l'humour
E3 2010 - Conférence Nintendo - Ils ont violé l'E3
E3 2010 - Conférence Sony - Blague numéro 2
Nintendo 3DS - Le mini-guide
L'E3 2010 du côté des américains
L'E3 2010 et les japonais
Part 1 - Des constructeurs en danger
Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, les trois constructeurs, cette année, étaient sur la même longueur d'ondes.
Ils n'ont pas utilisé les mêmes moyens mais la volonté était similaire : proposer du neuf voire du « révolutionnaire », en tirant partie des avancées technologiques.
Volonté n'est peut être pas le mot le plus adapté, puisqu'il s'agit davantage d'une nécessité. Oui, car contrairement au clinquant bling-bling de l'événement, les grands sourires et les « never seen before », le jeu vidéo va mal mes amis. Il va super mal.
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En bref, le jeu vidéo s'enlise lentement mais sûrement dans des sables mouvants – ou un marais plein de merde, c'est selon.
Toutes les grandes entreprises vous le diront (dont l'équipe de France) : lorsque rien ne va, le pire reste de ne pas parvenir à désigner de coupables. Cette année, le petit monde du jeu vidéo sait qu'il va mal, mais il ne sait pas pourquoi, du moins le feint-il.
Quels peuvent bien être les coupables ?
Le « casual gaming » ? Outre avoir nivelé la puissance créative toujours plus vers les abysses, cette « nouvelle poule aux œufs d'or » s'est rapidement faite décapiter par nombre d'opportunistes, sans talent, à l'exemple du sacro-saint Mindscape (jetez un œil sur le dernier U-Sing Johnny Hallyday, c'est édifiant) ou bien des gros groupes en mal d'indépendance et cherchant à dégager un gros concurrent de son capital, comme Ubisoft.
La crise financière ? La fameuse. Il est certes évident que les gens sont moins dépensiers qu'avant... quoique, non. En fait, ils ont simplement changé de « hochet » ; largement relayé par des campagnes marketing massives visant à expliquer que « si vous ne possédez pas la dernière connerie technologique, vous êtes un raté et que le monde ne vous attendra pas pour continuer son expansion ».
Ce qu'il ne faut pas entendre. Ces gens, à l'instinct grégaire toujours aussi surprenant, ont juste reporté leur attention sur autre chose : le high-tech. Au lieu d'acheter une Wii « comme tout le monde » ou une console de jeu vidéo, ils préfèrent s'acheter des merdes à 400€ qui couvrent à peine 60% des sites Internet car ils ne supportent pas Flash.
On rigole. On se gausse.
Le problème, hélas, est bien plus terre-à-terre et « humain ». La question est de savoir si les éditeurs sont au courant ou si, du haut de leur tour d'argent, ils se complaisent avec nostalgie dans leurs heures de gloire passées ?
Comment voulez-vous, dans une société aussi pourrie que la nôtre, réussir à vendre du divertissement alors que 1) ça coûte cher, et que 2) plus personne n'achète quoi que ce soit, puisque tout le monde vole sans vergogne. Les gens n'achètent plus de musique, de films, de bouquins, de presse, alors pourquoi iraient-ils se faire chier à acheter des jeux ? Quel besoin de faire autre chose que passer sa vie en compagnie de son meilleur ami - Internet, qui se rappelle à chacun, dans chaque tâche quotidienne, au point de devenir une plateforme centrale d'interaction (exposition de sa misérable existence, partage de photos pour montrer qu'on voyage quand même de temps en temps et qu'on a des amis) ?
Le problème serait-il d'ordre sociologique ?
D'une certaine manière, l'humain ne fait que répéter l'histoire la plus vieille du monde : l'arroseur arrosé (le monde évolue mais ne progresse pas). De meilleur VRP et plus puissant allié, Internet s'est imposé comme l'ennemi numéro 1 de tout type de divertissement. D'une part, les gens découvrent qu'il n'y a rien de plus amusant qu'épier le voisin et/ou se foutre de sa gueule. D'autre part, ils noient leur frustration d'être des minables en se faisant passer pour ce qu'ils ne sont pas : des gens populaires.
Au-delà de ces considérations de comptoir, Internet est surtout une interface de téléchargement géante, et je ne parle pas seulement des torrents et autres façons illégales de récupérer à peu près tout ce qui existe. Steam est par exemple devenu une superpuissance du jeu sur PC, et ses packs à des prix défiants toute concurrence ne servent pas réellement l'industrie. Pire encore, leur système, une fois appréhendé par les consommateurs, devient réellement pervers. Chacun sait qu'il ne doit patienter que deux mois (bien souvent) pour s'offrir le jeu de ses rêves à moins de 19€. C'est d'actualité : je vous invite à aller faire un tour sur le store pour constater les « dégâts ».
En soi, récupérer une dizaine de hits pour moins de 50€ est une bénédiction pour le joueur – mais à terme, imaginez les pertes sèches qui provoquent, par la suite, des réactions drastiques et qui bien souvent pénalisent les studios ; ceux qui créent les jeux... Précisément.
Mais attention, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Steam n'est qu'une épine parmi tant d'autres, et a permis de « sauver » le marché PC, en constante baisse ces dix dernières années. On peut également citer les « innovations » de Youtube, qui permet maintenant de découvrir un jeu en entier sans avoir besoin de l'acheter, ou encore des newsgroups, qui poussent le vice jusqu'à proposer des jeux plusieurs semaines avant une sortie commerciale...
Autre phénomène intéressant : la prolifération de sites étrangers qui commencent à totalement geler les ventes dans notre pays. Car les gamers (un faible nombre de joueurs qui achètent encore leurs jeux) ne se fournissent plus que rarement en boutiques. Ils préfèrent se servir d'Internet pour commander ... à l'étranger. Certes, le gamer lambda y gagne quelques euros (voire parfois une dizaine), mais jusqu'à quand ? Est-il conscient d'être en partie responsable des politiques de merde que sont le DRM ou les DLC, qui vont s'imposer au fil du temps comme une « compensation » des pertes engendrées ?
Les joueurs n'en ont certes pas encore conscience mais ils participent activement à la mise en place de nouvelles politiques chez les éditeurs, en leur inspirant des méthodes scandaleuses comme vendre un jeu incomplet à un prix honteux (50 + 10 + 10 + 10 + 10...) ; sans oublier le phénomène de la collectionnite aigüe, comme posséder un avatar Xbox 360 aux couleurs de son jeu favori, et bien d'autres perversités qui ne cessent de faire hurler tout le monde.
Mais rassurez-vous, amis joueurs, il y a d'autres phénomènes qui font encore plus de mal à l'industrie. A commencer par l'essor des MMO « de merde » gratuits (souvent asiatiques - chinois ou coréens) qui s'imposent aujourd'hui comme le seul domaine réellement rentable lorsque l'on est créateur de jeux vidéo. C'est triste – mais il y a pire. La prolifération des sites de jeux gratuits en ligne, ou encore le développement sidérant d'applications pourries pour les réseaux sociaux (EA a encore eu un nez formidable en achetant Playfish, une société créatrice de « mini-jeux » Facebook) ou pour ces foutus smartphones. Ne vous leurrez pas, si à cet E3 vous avez eu dans la plupart des plannings des « jeux iPhone », c'est que le marché va extrêmement mal, et qu'ils essaient, par tous les moyens, de sauver les bas de laine.
A tel point qu'aujourd'hui, la principale communication « virale » de nombreux éditeurs passe par des blogs, écrits avec les pieds, sans aucun sens critique et bien souvent réellement achetés par toutes sortes de soirées et de cadeaux. On est descendus bien bas. D'un autre côté, si les sites professionnels arrêtaient d'être des plateformes publicitaires ambulantes doublés de guides d'achat forcenés poussant n'importe qui à désirer n'importe quoi, nous n'en serions pas là.
Les gens, bien trop soumis à la communication à outrance, finissent par ne plus nourrir aucune passion et se transforment en « journalistes du dimanche » plus qu'ils n'achètent des jeux pour se faire plaisir.
Réagir par l'action ?
Dans un tel climat, comment réussir à convaincre le consommateur ? Donnons-lui de l'extraordinaire, il le boude systématiquement (on se souvient encore des naufrages de ICO ou d'Okami, et des ventes décevantes de Monster Hunter tri ou de Sin & Punishment 2) ; tentons l'originalité, pareil ; abreuvons-le de merdes programmées en moins de six mois, et il en bouffera pendant quelques temps avant de se raviser. Restent alors deux options : proposer une nouvelle manière d'appréhender le jeu vidéo, histoire de sortir le consommateur de sa torpeur, ou bien s'appuyer sur d'énormes licences, disposant d'un standard de qualité plus élevé que la moyenne, histoire de jouer sur la fibre affective.
Croyez-le ou non, les trois éditeurs sont arrivés à la même conclusion : s'appuyer sur LEURS licences respectives pour convaincre le joueur, en plus de chercher un nouveau moyen d'appréhender le média par une « évolution » en adéquation avec la technologie actuelle.
Et dans les deux cas, un constat s'impose : il y a ceux qui ont les moyens de l'ouvrir, et les autres. Et c'est là que l'article devient intéressant et peut enfin commencer.
Nous allons donc démarrer par les deux « leaders » du marché HD, qui se sont posés une question fondamentale cette année : comment réussir à piquer le marché qu'a créé Nintendo il y a quatre ans et qui lui a rapporté des millions de brouzoufs ?
Interview longue et complète du chef de projet du nouveau Guitar Hero chez Neversoft. Instructif.
Premières impressions sur Dead Space présentées de façon originale, sous forme d'une discussion entre Bliss et Eric S.