Asura’s Wrath est un jeu de merde, probablement l’un des pires mais il s’agit en même temps d’un coup de génie. L’expérience repose sur un postulat de base aussi timbré que burné : en se basant sur les codes de la série animée pour adolescents (découpage, mise en scène et narration) et en choisissant le système le plus merdique du jeu vidéo – le Quick Time Event -, proposer une histoire où le joueur n’interagit que rarement.
Un truc de malade mental en somme.
D’autant qu’en sus de courtes interactions qui consistent à appuyer sur un bouton ou une direction, le jeu propose quelques passages beat them all et shoot them up qui ont en commun une jouabilité abominable et une absence totale d’intérêt tant les systèmes de jeu sont basiques voire inexistants. Enfin, vaincre les ennemis implique toujours le même processus : réaliser quelques enchainements jusqu’à déclencher une furie. Et c’est précisément là qu'il devient génial. Asura’s Wrath propose une autre vision du jeu vidéo, une alternative forte qui repose sur l’émotion du personnage principal. Ce qui compte vraiment c’est ce qu’il vit et ressent ; et le joueur à travers lui. Pas le jeu lui-même. Plus Asura distribue de pains, plus il souffre, plus sa jauge augmente. Arrivée à son terme, il entre en furie et, débutent alors des combats complètement fous, à la mise en scène aussi démesurée qu’un duel contre un « samurai » sur la lune avec du Dvorak en fond ou un versus où le héros, manchot se bats avec ce qui lui reste : sa tête et ses pieds.
Du grand n’importe quoi. Un choix de narration radical mais d’une intelligence rare car il joue la carte de l’émotion. Assister à autant d’injustices, se confronter à un casting de méchants aussi magnifiques (on a vraiment envie de les tuer) tout en étant « limité » dans l’action permet, finalement, de booster la propre colère du joueur. A tel point que lorsqu’il se retrouve aux commandes du demi-dieu ultra vnr, forcément, ça le galvanise. S’ensuit une véritable transe, où le joueur est à fond, hurlant comme son héros à l’écran.
Une jouissance inégalable ; qui nous rappelle les nombreux katas exécutés dans nos chambres ou combats de katana-balai contre un ennemi imaginaire. Asura’s Wrath concrétise un putain de fantasme : un shônen typique des années 90 jouable. Abusant de tous les codes de ce genre, adressant de réguliers clins d’œil à ses cadors les plus énervés (DBZ, Ken, Jojo en priorité) mais puisant également dans des références plus prestigieuses telles que le RigVeda, le joueur vit littéralement un rêve de gosse. Avec entre ses mains le destin d’un cousin de Broly (DBZ OAV) avec le caractère sensible mais féroce d’un Gatsu (Berserk) et surtout capable de détruire une planète ou une flotte de vaisseaux en quelques instants. Impossible de refuser une si belle invitation à la jouissance.
Testé par Jay
Asura’s Wrath aurait pu être un grand jeu s’il avait assuré le minimum en terme de gameplay, il ne sera qu’un « shônen » jouable totalement jouissif, aux commandes du héros le plus vnr jamais vu. Excusez du peu.